Comment ?
Le virus HPV se transmet essentiellement par contact sexuel,
même en dehors d'un rapport " abouti ".
L'HPV peut théoriquement se transmettre par la voie muqueuse
mais aussi par la voie cutanée (rapports oro-génitaux
ou par les mains), même s'il s'avère impossible
de le prouver de façon certaine.
Quand ?
Il est habituellement impossible de savoir quand l'infection
a été transmise parce que la plupart des gens
ne savent pas qu'ils ont été exposés.
Par qui ?
De même, il est habituellement impossible de savoir par
qui l'infection par l'HPV a été transmise parce
qu'il s'agit d'une infection très fréquente, qui
peut rester " dormante " des années ; un seul
rapport suffit pour être exposé au virus.
2. Quelle est l'indication de faire un test
HPV ?
Il n'a pas d'intérêt dans le cas des verrues génitales
qui sont diagnostiqués par l'inspection visuelle.
Les anomalies des cellules du col, induites par les HPV, peuvent
être détectées par le frottis cervico-vaginal
; en revanche, les patientes présentant un frottis dont
le résultat est incertain (ASC-US) peuvent bénéficier
d'un test HPV, qui est une alternative à la pratique
d'un nouveau frottis après quelques mois, ou d'une colposcopie.
En effet le test HPV permet de faire le triage des femmes qui
seront adressées en colposcopie lorsqu'il est positif.
D'autres indications sont très prometteuses :
- le suivi des femmes traitées : le test HPV négatif
permet de rassurer durablement sur l'absence de récidive
;
- le dépistage primaire après 30 ans en association
avec le frottis : frottis et test HPV négatif permettent
d'espacer l'intervalle du dépistage en toute sécurité
à trois ans.
3. Est-ce que je serai toujours porteuse de
l'HPV ?
- L'immunité naturelle permet de se débarrasser
du virus spontanément dans 80 % des cas, en particulier
chez les jeunes femmes.
- Il est difficile de prédire si le virus sera éliminé
et, si oui, quand.
- On ne sait pas très bien si le virus peut persister
à un niveau indétectable.
Cependant, le taux de succès des traitements des
lésions associées aux HPV est très élevé.
90 à 98 % des femmes ayant des lésions du col
causés par l'HPV seront guéries après
un seul traitement. Le taux de succès des traitements
disponibles pour les condylomes acuminés externes est
inférieur à 70 %.
4. Comment puis-je éviter de transmettre le virus
ou d'être contaminée ?
- Dans l'absolu, l'abstinence sexuelle serait le meilleur moyen
de prévention ; cela permet de rappeler que l'acquisition
de l'HPV fait quasiment partie de la sexualité.
- Il faut savoir que la plupart des personnes sexuellement actives
seront contaminées par l'HPV au moins une fois durant
leur vie.
- Les préservatifs ne permettent pas de protéger
complètement, cependant ils préviennent de nombreuses
autres infections virales et bactériennes sexuellement
transmissibles.
5. Est-ce que les partenaires peuvent se
réinfecter mutuellement ?
- Les partenaires au sein d'un couple ont de grandes chances
d'être exposés par le même type d'HPV.
- De nombreuses interrogations demeurent concernant le risque
d'être réinfecté par le même type
d'HPV. En revanche, il n'existe pas d'étude sur la réinfection
ou sur l'effet du traitement sur l'infectivité.
Pour les dysplasies du col causées par les HPV dites
à risque, en pratique le contrôle du partenaire
masculin doit être considérablement minimisé
du fait d'une transmissibilité virale faible, d'une
exposition de la femme probablement lointaine, et d'une vulnérabilité
de l'homme à ces virus. Cette maladie témoigne
d'une réceptivité particulière de la
femme aux HPV d'origine immunitaire. Le préservatif
et l'examen de l'homme ne sont pas utiles. Mais pour les verrues
génitales à forte transmissibilité virale,
le préservatif et l'examen du partenaire sont nécessaires.
6. Est-ce que l'infection par HPV est responsable
de cancer du col ?
- Les femmes sont " inégales " vis-à-vis
des HPV.
- Le HPV dit à risque est responsable des précancers
du cancer du col utérin, mais un dépistage régulier,
ainsi que des traitements appropriés, préviendront
l'apparition du cancer chez la majorité des femmes.
- Toutes les femmes ne sont pas à risque identique.
- Le principal facteur de risque reste la persistance du virus
HPV, témoin de la " défaillance " immunitaire
individuelle vis-à-vis de ces virus.
- Dans nos pays, où le dépistage existe, le facteur
de risque essentiel du cancer du col est l'absence de dépistage
et non l'infection à HPV.
7. Que dois-je dire à mon partenaire
sur cette infection par HPV ?
- La plupart des personnes sexuellement actives seront exposées
par HPV.
- Pour la plupart, l'infection par HPV est seulement temporaire
ou transitoire.
- La majorité des personnes ne développera pas
de symptômes, et elle ne saura jamais qu'elle est ou a
été exposée.
- Son examen et le port du préservatif sont nécessaires
en cas de verrues génitales.
- Son examen et le port du préservatif sont inutiles
en cas de dysplasies du col.
8. Qui peut bénéficier de la
vaccination HPV ?
- En l'état actuel des connaissances ce sont les femmes
qui sont concernées par la vaccination. Il faut attendre
les résultats des essais cliniques en cours chez le garçon
pour examiner le bénéfice attendu chez eux.
- Les personnes qui sont concernées en premier par la
vaccination préventive HPV sont les jeunes filles avant
les premiers rapports, c'est-à-dire avant l'exposition
aux papillomavirus par les contacts sexuels. On admet cependant
que la vaccination peut être proposée chez les
jeunes femmes de moins de 26 ans qui aurait déjà
une activité sexuelle.
- Le groupe âgé de 9 à 26 ans est celui
pour lequel l'Agence européenne du médicament
a accordé une autorisation de mise sur le marché
pour le vaccin quadrivalent 16-18-6-11 (Gardasil®). Le bénéfice
de la vaccination HPV chez les jeunes filles a été
démontré lorsque celui-ci s'inscrit dans un programme
vaccinal collectif.
- Chez les femmes adultes de plus de 26 ans, le bénéfice
individuel de la vaccination HPV est en cours d'évaluation.
Il y a tout lieu de penser qu'un bénéfice individuel
de cette vaccination soit toujours possible chez les femmes
qui n'ont pas été exposées aux virus inclus
dans le vaccin.
9. Chez les femmes sexuellement actives, est-il
nécessaire de proposer la vaccination HPV en fonction
du statut viral HPV ?
- À ce jour, il n'y a pas de recommandation pour proposer
la vaccination en fonction du statut viral HPV chez une patiente
donnée, ceci est particulièrement vrai chez les
jeunes filles de 9 à 26 ans. Ce qui est démontré,
c'est que les femmes qui présentent des lésions
induites par les papillomavirus inclus dans le vaccin n'obtiennent
aucun bénéfice thérapeutique de cette vaccination.
- Chez les femmes adultes sexuellement actives, les essais sont
en cours pour évaluer l'effet de la vaccination lorsque
les virus sont présents dans les cellules du col sans
donner de lésion. Les données préliminaires
indiquent que la vaccination n'a pas ou peu d'effet chez les
femmes porteuses des HPV contenus dans le vaccin mais sans lésions,
et aucun effet lorsqu'une lésion à l'HPV est présente.
- Le vaccin HPV est préventif et non thérapeutique.
10. Peut-on vacciner une femme enceinte ?
Bien qu'il n'y ait pas d'effet tératogène (anomalies
congénitales induites par le médicament) observé
chez les humains, il n'est pas recommandé de pratiquer
cette vaccination durant la grossesse.
11. Est-il possible de vacciner à titre
individuel une femme de plus de 30 ans qui en fait la demande
?
À l'heure actuelle, l'autorisation de mise sur le marché
du vaccin HPV, en particulier le Gardasil®, est donnée
pour les jeunes filles de 9 à 26 ans. Vacciner des femmes
au-delà de 26 ans serait hors recommandation. Nous ne
disposons pas à l'heure actuelle d'études cliniques
démontrant l'efficacité de la vaccination au-delà
de cet âge. Cependant, parce que le vaccin est très
efficace chez les jeunes, il est très probable que celui-ci
puisse apporter un bénéfice individuel chez les
femmes adultes qui sont aussi à risque d'être exposées
aux papillomavirus. Dans ce cas, il sera nécessaire de
cibler la vaccination chez des femmes n'ayant pas de lésions
à l'HPV et n'ayant pas d'infection au moment de la vaccination.
Nous disposons aujourd'hui des outils pour préciser le
profil viral des femmes avant la vaccination.
12. Serait-il utile de vacciner une femme
qui présente des lésions de CIN (dysplasie), une
infection à papillomavirus ou qui a été
déjà traitée pour une lésion dysplasique
?
- Les vaccins prophylactiques HPV disponibles n'ont pas d'effet
thérapeutique. Dans les essais de phase 3 avec le Gardasil®,
il n'y a aucun bénéfice à vacciner les
femmes qui sont porteuses de l'HPV contenu dans le vaccin.
- Il n'y a pas d'études disponibles sur le bénéfice
de la vaccination chez les femmes traitées.
13. Peut-on vacciner les hommes ?
À l'heure actuelle, il n'y a pas de donnée scientifique
démontrant l'efficacité de la vaccination chez
les hommes et avant que ces données ne soient disponibles,
les hommes ne doivent pas être vaccinés.
14. Quel sera le coût de la vaccination ?
Les informations disponibles ce jour le sont pour le Gardasil®,
mis sur le marché en Amérique du Nord et en Europe.
Aux États-Unis, ce vaccin coûte 120 dollars US
par dose incluant les visites médicales, les trois vaccins
coûtent 500 dollars US. En Europe, le coût d'une
dose de vaccin sera aux alentours de 130 euros. En France après
les recommandations et le remboursement par la Sécurité
sociale on peut s'attendre à un coût nettement
inférieur.
15. Est-ce que les vaccins HPV seront inclus
dans les programmes de vaccination pour les enfants ?
Nous ne disposons pas à l'heure actuelle d'information
dans ce sens. En France, le Comité technique des vaccins
se penche actuellement sur cette question. Des recommandations
seront proposées et un remboursement pour une cible donnée
est attendu début 2007. Aux États-Unis, les institutions
recommandent d'inclure le vaccin HPV dans les programmes de
vaccination des enfants. Ceci est un élément important
si l'on veut obtenir une large couverture vaccinale, condition
nécessaire pour mesurer un bénéfice sur
la prévention du cancer du col en termes de santé
publique.
16. Est-ce que les assurances privées
remboursent la vaccination HPV ?
En général, les compagnies d'assurances privées
prennent en charge les vaccinations qui sont incluses dans les
programmes vaccinaux. Il est très probable que cette
prise en charge variera d'une compagnie à l'autre et
d'un contrat à l'autre. En France, deux compagnies ont
déjà proposé ce remboursement à
leurs clients dans certaines conditions.
17. Comment sera administrée la vaccination
?
Modalités pratiques
- Le vaccin HPV est administré par voie intramusculaire
au niveau du muscle de l'épaule ou dans la région
supérieure de la cuisse.
- Pour Gardasil®, le programme est le suivant :
première injection à la date définie ;
deuxième injection au deuxième mois :
troisième injection au sixième mois.
- Pour Cervarix®, le programme est le suivant :
première dose à la date fixée ;
deuxième dose au premier mois ;
troisième dose au sixième mois.
18. Quels sont les effets secondaires des
vaccins ?
Les effets indésirables sont ceux que l'on peut observer
généralement après les vaccinations. Les
plus courants sont la fièvre, la rougeur et la douleur
et parfois des démangeaisons au point d'injection. Plus
rarement on peut observer une urticaire.
19. Est-on définitivement protégé
du cancer du col lorsque l'on a été vacciné
?
La réponse est non car les essais cliniques montrent
que l'on est protégé uniquement pour les lésions
induites par les types de papillomavirus inclus dans le vaccin
et pas pour la totalité des lésions. Cela représente
à peu près une protection d'environ 65 % pour
les lésions précancéreuses et 70 % pour
les lésions cancéreuses. Parce que la protection
offerte par la vaccination HPV sera incomplète, le dépistage
doit se maintenir selon les recommandations et les pratiques
habituelles. Ces deux actions synergiques et complémentaires
de prévention (primaire avec la vaccination, secondaire
avec le dépistage) assureront une protection maximale
contre le cancer du col.
20. Faut-il prévoir des rappels ?
À l'heure actuelle, les données que nous avons
sur 5 ans de suivi après vaccination montrent que l'efficacité
des vaccins demeure parfaite à cette date. Le taux des
anticorps produits par la vaccination demeure encore significativement
très élevé comparé à ceux
de l'infection naturelle à 5 ans. Le temps nous dira
si des rappels sont nécessaires 8, 10 ou 20 ans après
la vaccination.